Le THÉ À LA MENTHE MAROCAINune histoire plutôt récente

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’histoire du thé à la menthe marocain est en réalité assez récente. Elle débute au XIXe siècle pendant la Guerre de Crimée. Privés des ports slaves, les Anglais, qui ont alors la mainmise sur le commerce du thé en Europe, ouvrent des comptoirs à Tanger et Essaouïra. Habitués à consommer des infusions à base de décoctions de feuilles de Menthe (Na3na3), les Marocains découvrent alors le thé vert Gunpowder, surnommé «perles de Chine». Ils décident alors tout naturellement d’associer ces deux ingrédients exceptionnels. Très désaltérant, il permet aux peuples nomades du Sahara, dont le plus célèbre d’entre eux, les Touareg, de survivre aux conditions extrêmes de cette région du monde.

Le rituel marocain
Le thé à la menthe est offert et dégusté en signe d’hospitalité car, selon un proverbe touareg, «il faut trois conditions pour faire le thé : le temps, les braises et les amis». Il est parfait pour terminer un repas mais il est aussi bu tout au long de la journée. Traditionnellement, le thé à la menthe est préparé dans une théière typiquement marocaine, et est servi de très haut ce qui permet de l’oxygéner et de révéler tous ses arômes. La présence de mousse à la surface du thé, aussi appelée le «turban», témoigne de la réussite de l’infusion. Le thé est servi à trois reprises sans changer les feuilles. Les arômes et l’aspect de l’infusion évoluent donc au fil des dégustations. Un proverbe décrit ces trois infusions non sans philosophie :
Le premier verre est amer comme la vie
Le deuxième est aussi doux que l’amour
Le troisième est aussi apaisant que la mort.
(Source : « Guide du thé »)