HISTOIRE et GEOGRAPHIE de MARRAKECH

Marrakech est située dans le centre du Maroc au pied des montagnes de l’Atlas, à 406 m d’Altitudes..

Elle est surnommée la « ville rouge » ou la « ville ocre » en référence à la couleur rouge d’une grande partie de ses immeubles et ses maisons construits jadis avec la terre.

Elle compte 928 850 habitants d’après le recensement de 2014, répartis sur une superficie de 230 km2. La densité de population atteint les 350 habitants à l’hectare dans la Médina.

C’est la quatrième plus grande ville du Maroc après Casablanca, Fès et Tanger.

La ville est divisée en deux parties distinctes : la ville historique (dix kilomètres d’enceinte) et la ville nouvelle dont les quartiers principaux s’appellent Guéliz, L’Hivernage (qui concentre de nombreux complexes hôteliers), Douar el Askar, Sidi Youssef Ben Ali, M’hamid, et Daoudiate.


Le Guéliz constitue aujourd’hui le centre-ville commercial. Il fut fondé par les Français lors du protectorat français au Maroc.

Étymologie
Le nom de Marrakech vient du tamazight Amur qui signifie « pays » et Akouch qui veut dire « Dieu », ce qui donne « la terre de Dieu ». Une autre étymologie donne l’interprétation de « terre de parcours ».

C’est aujourd’hui le nom d’une ville mais auparavant c’est le pays qui était nommé Marrakech.

La ville a été fondée en 1062 par Youssef Ibn Tachfin, à la tête de l’Empire berbère des Almoravides.


Au Moyen Âge Marrakech (Mourrakouch) fut fondée en l’an 1062 (an 463 de l’Hégire) par le souverain berbère almoravide Youssef ben Tachfine. Très vite, à Marrakech, sous l’impulsion des Almoravides, pieux guerriers et austères savants venus de l’actuel désert mauritanien, de nombreuses mosquées et médersas (écoles de théologie coranique) furent construites, ainsi qu’un centre commercial drainant le trafic entre le Maghreb occidental et l’Afrique subsaharienne. Marrakech grandit rapidement et s’imposa comme une métropole culturelle et religieuse influente, supplantant Aghmat et Sijilmassa.

Des palais furent édifiés également et ornés avec le concours d’artisans andalous venus de Cordoue et de Séville, qui apportèrent le style omeyyade caractérisé par des coupoles ciselées et des arcs polylobés. Cette influence andalouse fusionna avec les éléments sahariens et ouest-africains, et fut synthétisée dans une architecture originale totalement adaptée à l’environnement spécifique de Marrakech.

La ville devint la capitale de l’Émirat almoravide, un empire eurafricain qui s’étendait des rives du fleuve Sénégal jusqu’au centre de la péninsule Ibérique et du littoral atlantique marocain jusqu’à Alger.

La cité fut ensuite fortifiée par le fils de Youssef Ibn Tachfin, Ali Ben Youssef, lequel fit édifier vers 1122-1123 des remparts encore visibles.

En 1147 les Almohades, partisans d’une interprétation orthodoxe de l’islam et issus des tribus masmoudas du Haut-Atlas, s’emparèrent de la ville.

Les derniers Almoravides furent exterminés sauf ceux qui s’exilèrent aux îles Baléares (famille des Beni Ghania).

En conséquence la presque totalité des monuments fut détruite.

Les Almohades construisirent de nombreux palais et édifices religieux, comme la célèbre mosquée Koutoubia bâtie sur les ruines d’un palais almoravide, et sœur jumelle de la Giralda de Séville et de la tour Hassan (inachevée) de Rabat. La Casbah abrita la résidence califale (depuis le règne d’Abd al-Mumin le souverain almohade portait le titre de calife, rivalisant ainsi avec le lointain califat oriental des Abbassides), agrémentée d’un hôpital qui attira le médecin andalou Ibn Tufayl. De l’ensemble majestueux de la Casbah mansourienne, nommée ainsi d’après le calife Abu Yusuf Yaqub al-Mansur, subsiste encore la superbe porte de Bab Agnaw. Marrakech fut ainsi digne d’abriter la capitale de la puissance majeure de l’Occident musulman médiéval, l’Empire almohade qui englobait toute la région comprise entre Cordoue et Tripoli, de l’Andalousie jusqu’à la Libye.

Afin d’alimenter la palmeraie et les grands jardins, un système d’irrigation fut édifié et perfectionné, à l’aide de canaux nommés khettaras. Marrakech, par son rayonnement culturel, attira de nombreux écrivains, intellectuels et artistes venus notamment d’Al-Andalus, dont le célèbre Averroès, connu pour avoir abondamment commenté et réinterprété le Logos du philosophe grec Aristote.

En 1269, Marrakech fut conquise par les nomades zénètes aux dépens des derniers Almohades. Lorsque survint l’avènement de la dynastie mérinide, la ville tomba dans une certaine léthargie, et son déclin entraîna la perte de son statut de capitale au profit de sa grande rivale Fès.

XVIe siècle
Au début du XVIe siècle, Marrakech devint la capitale de l’Empire saadien, après avoir été le siège de la principauté locale des émirs Hintata. Elle renoua rapidement avec son apogée, en particulier sous le règne des sultans Mohammed El Mahdi et Ahmed al-Mansur Saadi. Grâce à la fortune amassée à la suite de la conquête de Tombouctou, Marrakech fut embellie, les monuments en ruine alors restaurés et de somptueux palais furent édifiés. Le palais El Badi bâti par Ahmed al-Mansur, était une réplique de l’Alhambra de Grenade, réalisée avec les matériaux les plus précieux provenant des trois continents de l’Ancien Monde (marbre d’Italie, granite d’Irlande, or d’Afrique de l’Ouest, porphyre des Indes, jade de Chine, etc). El Badi frappa également les contemporains par sa Kubbat al Jujjaj, sa « coupole de verre » réalisée en cristal translucide, et autres singularités techniques qui évoquent la Maison dorée de Néron à Rome. Mais tous les éléments décoratifs vont par la suite disparaître, démantelés sur ordre du sultan Moulay Ismail vers 1695 pour être réemployés dans les grands palais impériaux de Meknès. El Badi était avant tout destiné aux réceptions fastueuses offertes aux ambassades espagnoles, anglaises, françaises, vénitiennes et ottomanes, qui reconnaissaient le Maroc saadien comme une puissance incontournable qui s’étendait de la mer Méditerranée jusqu’au fleuve Niger et incluait l’ancien empire Songhaï du Mali et ses riches gisements d’or. Sous le règne de la dynastie saadienne, Marrakech retrouva ainsi son rôle de grand terminus caravanier grâce aux pistes venant du Soudan marocain et qui n’étaient pas contrôlées par les Turcs établis plus à l’est.

XVIIIe siècle
À la fin du XVIIe siècle, la dynastie alaouite succéda aux Saadiens. Le trône fut successivement transféré à Fès puis à Meknès, nouvelle capitale de l’Empire chérifien avec Moulay Ismail. Le sultan Mohammed III (1757-1790) choisit la ville comme lieu de résidence principale, en raison de la proximité du port de Mogador (actuelle ville d’Essaouira) qu’il faisait édifier sur les plans de l’architecte français Théodore Cornut. C’est en outre à Marrakech que fut conclu en 1787 le premier traité d’amitié entre le Maroc et les États-Unis nouvellement indépendants. En 1792, Marrakech devint la capitale d’un fils de Mohammed III, Moulay Hicham, qui se fit reconnaître comme sultan par cette partie du pays, tandis que son frère Moulay Sulayman était reconnu sultan légitime à Fès par les oulémas et par les provinces au nord du fleuve Oum Errabiaa. Il s’ensuivit une guerre entre les deux sultans rivaux, qui s’acheva par la défaite de Hicham en 1796, malgré le soutien de l’Espagne de Charles IV qui s’immisçait dans les affaires internes marocaines. Marrakech fut reconquise par Sulayman en 1797 et la ville réintégra le territoire du makhzen de Fès.

XXe siècle
Au début du XXe siècle, Marrakech connu plusieurs années de troubles. Après la mort du grand-vizir Ba Ahmed en 1900, véritable régent de l’Empire chérifien durant la minorité du jeune sultan Abd al-Aziz, le pays était en proie à l’anarchie, aux révoltes tribales, aux complots des grands féodaux, sans compter les intrigues européennes. En 1907, Moulay Abd al-Hafid, khalifa (représentant du makhzen) à Marrakech fut proclamé sultan par les puissantes tribus du Haut-Atlas et par certains oulémas qui niaient la légitimité de son frère Abd al-Aziz. C’est également en 1907 que fut assassiné un médecin français installé à Marrakech, le docteur Émile Mauchamp, suspecté d’espionnage au profit de son pays. La France saisit cette affaire pour faire pénétrer ses troupes au Maroc, depuis Oujda à l’est et Casablanca à l’ouest.

L’armée coloniale française se heurta néanmoins à une solide résistance animée par Ahmed al-Hiba, un fils du grand cheikh Ma El Aïnin monté du Sahara avec ses guerriers nomades issus des tribus Reguibat. Après la bataille de Sidi Bou Othmane, qui vit la victoire de la colonne Mangin sur les forces d’al-Hiba (septembre 1912), les Français s’emparèrent de Marrakech qui entra ainsi dans le protectorat français du Maroc instauré en 1912. La conquête avait été facilitée par le ralliement des tribus Imzwarn et de leurs chefs appartenant à la puissante famille des Glaouis.

L’un d’entre eux, Thami El Glaoui, devint célèbre en accédant au poste de pacha de Marrakech avec l’aval du maréchal Lyautey, résident général de France au Maroc. El Glaoui occupera cette fonction durant toute la durée du protectorat (quarante-quatre ans). Le pacha s’illustra par sa collaboration avec les autorités françaises, qui trouva son point d’orgue avec le complot visant à détrôner Mohammed Ben Youssef (Mohammed V) pour le remplacer par le cousin du sultan, Ben Arafa. Thami El Glaoui, déjà réputé pour ses fréquentations prestigieuses (notamment celle de Winston Churchill) et son train de vie fastueux, digne d’un véritable monarque, devint ainsi un symbole marquant de l’ordre colonial au Maroc. Il ne put néanmoins s’opposer à la montée en puissance du sentiment nationaliste, ni de l’hostilité d’une part croissante de la population. Il ne put non plus s’opposer aux pressions de la France, qui consentit à se défaire de son protectorat marocain en raison du désastre de la guerre d’Indochine et du début de la guerre d’Algérie. Après deux exils successifs (en Corse puis à Madagascar), Mohammed Ben Youssef fut autorisé à rentrer au Maroc (novembre 1955), et ce retour signa la fin du règne despotique du Glaoui sur Marrakech et sa région.

À partir des années 1960-1970, Marrakech devient une destination de la jet-set occidentale, notamment sous l’impulsion de plusieurs personnalités comme Yves Saint Laurent.


Les principaux quartiers de Marrakech sont Bab Ahmer, Amerchich, Semlalia, Hivernage, Guéliz, Bab Doukkala, Targa, Majorelle, Bab Al Khmis, Bab Aylanne, Douar Laskar, M’Hamid , Assif, Camp El Ghoul

La Médina
La médina de Marrakech constitue le centre névralgique et le cœur historique de la ville de Marrakech. S’étendant sur une superficie globale de 600 hectares, elle est une des plus vastes médinas du Maroc et la plus peuplée d’Afrique du Nord. Son raffinement et sa spécificité urbanistique découlent directement de la virginité totale du terrain sur lequel elle fut érigée au xie siècle. Articulée autour d’un campement militaire, le Qsar El Hajar, et d’un marché, elle fut augmentée d’une kasbah au xiie siècle afin de la protéger des assauts répétés des tribus berbères de la plaine du Haouz, contribuant ainsi à asseoir durablement l’hégémonie Almoravide. Les célèbres remparts de la vieille ville de Marrakech subirent d’importantes modifications au gré des dynasties. Ainsi, ils furent à de maintes reprises percés de nouvelles portes (Bab en arabe). Aujourd’hui, la hauteur des murailles oscille entre 8 et 10 mètres et elles s’étendent sur une distance totale dépassant les 19 kilomètres. La médina est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco depuis 198522.

Le récent engouement pour les riads, ces maisons traditionnelles marocaines articulées autour d’une cour centrale, a généré de profondes transformations sociologiques au sein de la médina de Marrakech, où le prix du mètre carré a atteint des sommets. Ainsi, un nombre non négligeable et croissant de modestes ménages marrakchis se voit poussé par la spéculation à « s’exiler » en dehors des remparts. D’autre part, on observe un phénomène de densification de l’habitat au sein de la médina. Cependant, on est loin d’assister à une muséification de la médina, tant s’en faut. En réalité, le succès touristique croissant de Marrakech a durablement revigoré la médina en attirant de nombreux jeunes au sein de ses dédales. Ainsi, il semblerait que plus de 40 000 artisans y travaillent. Ces derniers sont répartis dans les différents quartiers thématiques organisant géographiquement la médina.

Le mellah, dans le sud est de la médina, fut et demeure aujourd’hui encore dans une moindre mesure le quartier juif de Marrakech. Loin d’être un ghetto, le mellah regroupait certains corps de métiers qui au fil et à mesure de l’histoire de Marrakech, devinrent des spécialités de cette communauté (le métier de tisserand fut un exemple de ce phénomène). Il fut fondé en 1558 sous le règne de Moulay Abdellah à proximité du palais ce qui permit, comme ce fut le cas à Fès par exemple, au sultan de mieux les protéger.

Les jardins de l’Agdal jouxtant par le sud le palais royal furent créés dès 1156 selon l’historien officiel de la dynastie almohade par El Haj Ya’is, celui-là même qui fut à l’origine de la prestigieuse mosquée Koutoubia. Le terme aguedal signifiant par ailleurs « jardin » de manière générale par les Berbères, cette appellation de jardins de l’Aguedal ne s’imposa comme appellation exclusive que vers la fin du xviiie siècle. Son existence, mise à mal par le temps est intimement liée à l’astucieuse gestion des ressources hydrauliques qui y est faite. Ainsi, le captage des eaux des nappes souterraines fut dès la fin du xie siècle assuré par un dense réseau de « khettaras », assisté plus tard par un système de viaducs plus élaboré en provenance de Aghmat, ville située plus au sud en direction de la vallée de l’Ourika. Enfin, le stockage des eaux de pluie était assuré par deux immenses réservoirs dont le plus grand, baptisé Es Sala, servit à l’entraînement des troupes à la natation en vue de la traversée du détroit de Gibraltar.

Guéliz
Le quartier de Gueliz tire son nom du Jbel Gueliz, massif de grès de faible altitude situé au nord-ouest de l’ancienne médina au nom berbère. Des étymologies populaires locales font dériver le nom de ce quartier, autrefois européen, de la présence d’Anglais (Enguéliz) ou de l’Église qui s’y trouve. Ce fut le premier quartier situé à l’extérieur des remparts, autrefois réservés aux défunts. Articulé autour de l’actuelle avenue Mohammed-V joignant le square Foucault et Bab Nkob au Jbel Gueliz, le quartier de Gueliz concentre la majorité des banques et des boutiques de Marrakech. La poste, située place du 16 novembre, est aussi un bâtiment datant de l’époque protectorale, au même titre que l’ancien marché de Guéliz qui fut récemment déplacé pour céder place au complexe Carré Eden (commercial, résidentiel et hôtelier). L’ensemble du quartier de Gueliz ayant été classé par la wilaya zone immeuble R+ 5.

Situé à l’ouest de la place Jemaa el-Fna, le quartier de L’Hivernage abrite de nombreux complexes hôteliers. Il est traversé par l’avenue Mohammed-VI.

Au cours des années 1980, la ville de Marrakech s’est considérablement étendue à l’ouest le long de plusieurs pénétrantes, en particulier les rues El Mouqaouama, la route d’Essaouira, et dans une moindre mesure la rue Mohammedia. Ce sont les quartiers de Massira 1, 2 et 3, Hay Azli et Hay Socoma La Cité El bahia. Parallèlement, au nord-ouest, le long de la route de la Targa (également appelée route de Souihla), ont été construits plusieurs quartiers résidentiels de standing globalement élevé. Ce sont les quartiers de Targa, d’Al Masmoudi, de Jawhar, de Hay Sofia, d’Inara, Borj Targa et Massira 3. Au sud-ouest, le long de la route de Guemassa, souvent appelée route de l’aéroport Marrakech – Ménara, se sont développés les quartiers de M’Hamid, Bouekkaz, Agdal. On notera également l’existence de douars importants comme douar Cherki et douar Berrada. Au nord, il y a des quartiers résidentiels comme Amerchich, Hay Firdaouss, Al Andalouss, Riad Salam, Cité Yasmine, Saada et la Palmeraie. À la sortie nord de Marrakech, se dresse Tamansourt qui est une ville nouvelle située à 10 km sur la route d’El Jadida. Cette ville a été créée en 2005, sous la houlette du roi Mohamed VI, dans le but de désengorger Marrakech. Elle est composée principalement de villas, appartements et riads. Une grande mosquée y a été construite ainsi que de nombreuses écoles. Sont en projet un immense parc sportif, une université, des hôtels et piscines. Cette ville nouvelle a la particularité d’être une ville écologique puisqu’elle déborde d’espaces verts et l’éclairage public est composé de lampes dites Led qui sont très respectueuses de l’environnement.

Sidi Youssef Ben Ali est l’une des deux communes urbaines de la préfecture de Sidi Youssef Ben Ali. En 1994, avec une densité de 63354 habitants par kilomètre carré (196 396 habitants dans une superficie de 3,1 km2), c’était le quartier le plus dense de Marrakech.